Nos étudiants ont du talent #4 : zoom sur l'équipe NucleoSens

Un cours "Project New Business" à l'ESBS et un prix à la clé...

 

Dans le cadre du cours Project New Business à l'ESBS, les étudiants de l'équipe NucleoSens reviennent sur la naissance de leur projet, pour lequel ils ont obtenu le prix Start-up 2026 délivré par l'Institut du médicament de Strasbourg (IMS).

 

 

1. Comment est née la Start-Up NucleoSens ? Quel est le sens de ce nom pour vous ?

NucleoSens est née dans le cadre de notre formation à l'ESBS, à la croisée d'une exigence scientifique et d'une volonté d'avoir un impact concret. À partir d'un constat de santé publique — la lenteur du diagnostic des bactéries multirésistantes — nous avons décidé de transformer une idée de laboratoire en véritable projet d'entreprise.

Nucleo renvoie au cœur moléculaire de notre approche, l'acide nucléique, là où se lit la signature de la résistance bactérienne. Sens porte une double idée : celle de la détection (« sensing »), mais aussi celle du sens, de l'utilité — donner du sens à une information microbiologique en la rendant rapide et actionnable.”

NucleoSens, c'est lire l'invisible, vite, pour décider mieux.

 

2. En quoi consiste votre projet ? Comment en avez-vous eu l'idée ?

NucleoSens développe un test de diagnostic rapide des bactéries multirésistantes, en particulier des entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC), classées comme une menace critique par l'OMS. Notre objectif est de fournir un résultat exploitable en moins d'une heure, contre plusieurs jours pour les méthodes de cultures classiques, avec une solution simple et lisible utilisable au plus près du soin. L'idée est venue d'un décalage frappant : on sait détecter ces bactéries, mais trop lentement pour guider efficacement les premières décisions cliniques. Ce délai a un coût réel — isolements par défaut, laboratoires saturés en cas de cluster, transmission silencieuse. Nous avons voulu nous attaquer directement à ce maillon faible : le temps.

 

3. Que vous a apporté le cours « Project New Business » de l'ESBS ?

Ce cours a été un vrai déclencheur. Il nous a appris à raisonner au-delà de la paillasse : penser un projet scientifique comme une entreprise, avec une proposition de valeur claire, un marché, des partenaires et une stratégie de transfert. Nous avons appris à structurer une idée, à la confronter à la réalité économique et réglementaire, et à la présenter de façon convaincante. Surtout, il nous a donné un cadre et une légitimité pour passer de l'intuition à l'action — bâtir une feuille de route, anticiper la propriété intellectuelle, et construire le projet dès le départ dans une logique de valorisation. Sans ce cours, NucleoSens serait probablement resté une bonne idée de laboratoire.

 

4. Si vous deviez résumer votre projet en trois mots- clés ?

  • Rapidité
  • Simplicité
  • Innovation 

Trois mots qui résument notre promesse : un diagnostic rapide là où le temps manque, une solution simple utilisable hors des plateaux techniques lourds, et une innovation pensée pour être transférée à un industriel du diagnostic.

4. Vos objectifs pour la suite ?

À court terme : exécuter et fiabiliser notre première preuve de concept, finaliser nos protocoles et lancer une POC plus avancée. En parallèle, nous voulons consolider notre stratégie de propriété intellectuelle pour sécuriser notre savoir- faire.

À moyen et long terme, notre cap est clair : faire mûrir la technologie, démontrer la robustesse de notre approche intégrée, et la rendre suffisamment crédible et protégée pour être reprise par un industriel du diagnostic avant 2030. Et au-delà de la technique, nous voulons donner de la visibilité à un enjeu de santé publique encore trop peu perçu dans toute son urgence.

 

5. Recommanderiez-vous cette aventure à d'autres étudiants de l'ESBS ?

Sans hésiter. C'est une expérience exigeante mais profondément formatrice. On y apprend à sortir du confort académique, à porter une idée de bout en bout, à travailler en équipe sur tous les fronts à la fois : science, stratégie, communication. C'est l'occasion rare d'appliquer concrètement ce qu'on apprend en cours et de découvrir le monde de l'entrepreneuriat de l'intérieur. À ceux qui hésitent, on dirait simplement : lancez-vous. On apprend autant de ses doutes que de ses réussites, et voir un projet prendre forme à partir d'une simple intuition est une satisfaction qu'aucun cours ne remplace.

 

Le projet en un regard 

Ce projet nous apprend énormément. Sur le plan scientifique, à transformer une intuition en protocole robuste et reproductible. Sur le plan humain, à faire travailler ensemble cinq profils complémentaires vers un objectif commun. Sur le plan stratégique, à penser dès le départ la valorisation, la propriété intellectuelle et le transfert industriel.

NucleoSens développe un test de diagnostic rapide des bactéries multirésistantes, en particulier des entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC), classées critiques par l'OMS. L'objectif : fournir un résultat exploitable en moins d'une heure, là où les méthodes de culture classiques demandent encore plusieurs jours, afin d'aider les équipes soignantes à décider plus vite et plus juste.

L'idée est née d'un constat simple mais frappant : dans la lutte contre l'antibiorésistance, le temps de diagnostic est souvent le maillon faible. Un seul cas peut déclencher des semaines d'isolement, mobiliser des laboratoires entiers et paralyser des parcours de soins — non pas faute de solution, mais faute de rapidité.

Les challenges à venir sont clairs : finaliser et fiabiliser notre preuve de concept, sécuriser notre savoir-faire, et démontrer que notre approche intégrée tient ses promesses sur le terrain. Le vrai défi reste de faire émerger, d'ici 2030, une innovation suffisamment mature et protégée pour intéresser un industriel du diagnostic.

 

Merci à NucleoSens pour ce partage d'expérience !